Bruno FABIOUX
Envoyé spécial

Choisy-le-Roi, stade Jean-Bouin, samedi après-midi. Beau temps. C'est ici que va être donné, à 17 heures, le coup d'envoi de France A-Hol­lande féminin dont l'organisa­tion a été confiée au club de Cré­teil-Choisy qui, il y a deux ans, avait déjà hébergé un France-Ir­lande des moins de 21 ans. Mais c'est le lever de rideau qui nous intéresse.

Car a lieu aujourd'hui en Ile­ de-France la première rencontre entre. deux équipes cadettes du comité. Plus exactement deux sé­lections, de l'Essonne et du Val- De-Marne. Le rugby féminin souffre effectivement d'une zone· floue dans la période située entre l'école de rugby et les compéti­tions seniors.

Jusqu'à quinze ans, les demoi­selles évoluent ainsi en équipes mixtes; passé ce délai, elles ne peuvent plus prétendre jouer avec les garçons. Mais ne peu­vent intégrer les rangs des seniors féminines qu'à partir de seize ans.

« C'est pourquoi, explique Jacques Perroquet, le président du comité départemental de l'Es­sonne (91), nous avons mis sur pied un projet qui vise à organi­ser, pour les joueuses âgées de 14 à 16 ans (donc nées en 86, 87, 88 ou 89), entre trois à quatre matchs par an plus des tournois de fin de saison ; afin de ne pas les perdre. »

Un premier match avait déjà eu lieu, en vérité, en décembre 2002, à Gennevilliers, mais op­posait la sélection de l'Essonne à une sélection des Flandres. Au­jourd'hui, l'exemple de l'Esson­ne a trouvé écho dans le Val-de-Marne (94) et a donc permis la mise sur pied de cette rencontre intra comité. Même si les données sont quelque peu faussées. On s'explique.

La sélection de l'Essonne, en­traînée par Miguel De Carvalho et Rui Gaitas, est constituée ex­clusivement de licenciées FFR domiciliées dans les clubs de Brétigny-sur-Orge, Gif-sur-yvette, Massy, Palaiseau, Saintry, Sainte-Geneviève-des-Bois et Viry-Châtillon. Même si elle présente la particularité de possé­der une extension en Seine-Saint-Denis (93), avec Evangéline, qui n'hésite pas à traverser Paris en métro pour venir s'entraîner. La sélection du Val-de-Marne, entraînée par Emmanuel Boutet, en revanche, n'a que trois licen­ciées FFR, des clubs de Vincen­nes, Villiers-sur-Marne et Cham­pigny-sur-Marne. Toutes les autres viennent de l'UNSS, via une entente avec les collèges Paul-Eluard de Bonneuil-sur-Marne et Jules-Vallès de Vitry-sur-Seine.' 

Chantal Caillet, principale de ce dernier établissement, met l'accent sur « la façon dont les rugbywomen ont re dynamisé la section rugby (parrainée par Christophe Moni, ndlr) et le col" lège. Dans une zone sensible et traumatisée comme la nôtre (le collège Jules Vallès est celui de la cité Balzac qui a tristement défrayé la chronique il y a quelques mois après le meurtre d'une jeu­ne fille, immolée par le feu, ndlr), il y avait un besoin de reconnais­sance et les filles avaient très en­vie de prouver quelque chose. »

Michèle Boix est la cheville ouvrière de la sélection de l'Es­sonne. Elle explique: « Cela fait trois ans qu'on travaille sur ce projet et je n'en reviens pas de l'engouement des filles. Ainsi, certaines n'ont pas hésité à écourter leurs vacances pour ve­nir jouer aujourd'hui. ».

Sylvie Giraud, son homologue du « 94 », pilier en activité à Vin­cennes, est sur la même longueur d'onde que son président, Jean­Philippe Detourbet, et consciente du travail encore à accomplir dans ce département. « pour dé­velopper, voire réellement lancer le rugby féminin dans le Val-de-Marne. »


Au vu du match (douze contre douze, deux mi-temps de 20 minutes et terrain réduit de cinq mètres sur chaque côté) de samedi,on retrouvera à coup sûr certaines de ces jeunes filles aux stages d'été nationaux. Dans le cadre de l'opération TOP 100, lancée par la Fédération et qui vise à regrouper les meilleures joueuses des catégories précitées. Pour la petite histoire, l’Essonne l'a emporté (9 essais à 0)...Emilie Perrodo, fil­le du président, talonneur de la sélection de 1’Es-sonne et du club de Brétigny, joueau rugby depuis huit ans. Un tempérament. « A Brétigny, explique- t’elle, je suis la seule fille de l’équipe. Mais tous les garçons sont comme mes frères. Avec les filles ce n’est pas le même jeu ,c’est moins hard, mais c'est aussi très sympa, on déconne bien. »

Toutes rêvent de TOP 100, bien sûr et d’équipe de France. «C'est dans ce but là qu’on les  éduque », conclut Michèle Boix.


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